A quand un pacte d’avenir pour la Basse-Normandie…et pour les autres régions ?

Le Conseil des ministres de cette semaine s’est penché sur le Pacte d’Avenir pour la Bretagne, proposé par le Gouvernement, préparé localement avec toutes les collectivités et les partenaires économiques et sociaux et associatifs avant d’être soumis au CESER et délibéré dans quelques jours en Conseil régional.

Nous comprenons bien qu’il s’agit pour le pouvoir de contenir l’agitation sociale parfois violente qui s’est développée depuis quelques mois dans cette région historiquement frondeuse et qui a su ces dernières décennies affirmer son identité, relayée aujourd’hui par quelques ministres proches du Président de la République.

Ce pouvoir au parcours compliqué, marqué au coin de l’impopularité et de l’incompréhension, peut-il entendre ce que ce plan d’avenir et les termes utilisés dans le communiqué même du Conseil des ministres peuvent avoir de désespérant pour les autres régions françaises, au premier rang desquelles naturellement celles qui sont géographiquement les plus proches de la Bretagne ?

Prenons par exemple la Basse-Normandie, limitrophe de la Bretagne par la partie sud du département de la Manche. Le constat dressé pour la Bretagne vaut pour notre région et nos atouts ne sont pas moindres qui justifieraient les mêmes axes stratégiques pour préparer l’avenir : difficultés des secteurs agricole et automobile, région productive, vocation maritime au plan européen, potentiel de recherche remarquable dans des secteurs clés… Pourquoi notre région et leurs habitants ne pourraient-ils pas à leur tour espérer voir l’accessibilité améliorée et les dynamiques de territoires soutenues, pour reprendre là aussi les termes utilisés en haut lieu ?

Conçu à la fois, je cite, « pour permettre à la Bretagne de rebondir, pour encourager les initiatives, et pour libérer les dynamiques, avec l’appui, le soutien et la mobilisation de l’Etat » et « pour apporter des réponses concrètes et immédiates aux situations difficiles que connaissent les salariés touchés par les plans sociaux, les entreprises en restructuration, et les territoires concernés », ce plan d’avenir propose officiellement un traitement régional spécifique, installant une rupture flagrante d’égalité entre la Bretagne et nombre d’autres régions françaises, également touchées par la crise économique et sociale.

Nos territoires ont besoin d’une réponse globale. Pas de traitements politiquement adaptés pour calmer provisoirement des souffrances locales mais dont le Gouvernement ne peut ignorer qu’elles sont aussi largement présentes ailleurs.

Décidément, entre des réformes électorales qui laissent sur le bord du chemin le monde rural et un Acte III de la décentralisation qui consacre la métropolisation sans contrepartie d’équilibre, la fracture territoriale est tristement une réalité.

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