Carte régionale et calendrier électoral au menu de l’Assemblée nationale

Ce mardi, l’Assemblée nationale commence à débattre, en séance publique, du projet de loi relatif à la carte régionale et au calendrier électoral que le Sénat a profondément modifié en première lecture il y un peu plus d’une semaine.

Refusant que l’on définisse les périmètres régionaux avant d’avoir débattu de l’extension des compétences, refusant que l’on acte par un mandat amputé d’une année la disparition des conseils généraux, refusant une méthode qui nie toute concertation avec les collectivités concernées et signe le retour de l’Etat territorial et singulèrement départemental au mépris de la décentralisation, le Sénat a fait un choix responsable, conforme à son rôle de représentant des collectivités locales.

Déjà, nous voyons fleurir des amendements, dont certains seraient soutenus par le Gouvernement ,pour que des fusions de régions, envisagées un soir à l’Elysée dans l’urgence et sous la pression de personnalités socialistes écoutées du Président, soient remises en cause : elles concernent notamment les régions Limousin, Poitou-Charente, Picardie, Champagne-Ardenne et ces évolutions impacteront qui la région Aquitaine, qui le Nord Pas de Calais, qui la Lorraine.

Peut-on dès lors accorder le moindre crédit aux discours tenus par nos gouvernants sur une carte censée favoriser la relance de l’activité économique ? Il n’y a aucune rationalité dans la plupart des périmètres présentés. C’est bien ce que le Sénat a voulu souligner en refusant le débat sur la carte. Les tracés des régions, au regard des compétences élargies en matière de développement économique dévolues demain aux régions, ne peuvent pas résulter d’un vote d’influence, à la sauvette ou à la hussarde.

Il en va de même des choix en matière de chef-lieu de ces nouvelles régions car nous en savons bien,  ici en Normandie, les conséquences. Nous devons pouvoir innover et c’est le discours que j’ai tenu à la tribune du Sénat : les chefs-lieux de région, sièges de l’administration de l’Etat, relèvent d’une époque où les régions collectivités territoriales n’existaient pas. Aujourd’hui et plus encore à un moment où la carte est redessinée, nous devons pouvoir fixer le siège du conseil régional de manière indépendante du chef-lieu. Il faut explorer cette piste. Je ne suis heureusement pas le seul sur cette ligne même si nous ne sommes pas très nombreux.

Je vais donc porter une attention particulière au débat à l’Assemblée nationale, attention tentée d’inquiétude.

A suivre….

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