Cinq matinées et l’addition !

La réforme des rythmes scolaires, généralisée pour cette rentrée 2014, n’en finit pas de faire question. L’Etat fait une fois de plus peser la charge d’un changement dont il n’a pas les moyens sur les collectivités : sur les communes (malgré quelques maigres aides dont la pérennité n’est pas du tout établie) et sur les départements (qui doivent assurer le coût supplémentaire de transports scolaires). Au risque d’installer une véritable fracture territoriale et sociale entre les écoles qui auront les moyens humains et matériels de proposer aux élèves des activités variées et stimulantes et celles, le plus souvent rurales, qui n’auront pas de budgets suffisants et ne trouveront pas les animateurs nécessaires pour ces moments très courts.

Mais ce qu’on dit moins, c’est la charge financière supplémentaire pour les familles, tant du fait parfois des activités que le plus souvent de la garde sur un temps plus long du ou des enfants quand le ou les parents travaillent. Deux témoignages m’ont été récemment adressés qui la démontrent. Ces situations sont à l’évidence loin d’être des exceptions.

Une famille avec 3 enfants en primaire dans une commune rurale. L’école est passée à 4 jours et demi mais faute de moyens, aucune activité n’est proposée et entre 15h30 et 16h30 les enfants sont en garderie. Cette heure de garderie (4 par semaine) est à la charge des familles à raison de 5 euros par mois et par enfant. Les parents ne peuvent pas venir chercher leurs enfants avant 16h30 et une seconde garderie prend le relais à 16h30 pour certains enfants qui ne peuvent être récupérés si tôt. Si les enfants sont aujourd’hui gardés dans la cour de l’école, ils le seront dans 3 pièces différentes dès que le temps sera moins favorable. Ils sont surveillés mais livrés à eux-mêmes….

Autre cas. Une mère de famille célibataire avec un enfant dans une école primaire péri-urbaine, plus proche de son travail mais qui n’est pas dans sa commune de résidence. Pour autant, ses horaires de travail ne lui permettent pas de récupérer sa fille aux nouvelles heures de sortie. Le mardi soir, jusqu’à cette année, ses propres parents récupéraient leur petite fille et s’en occupaient le mercredi. Désormais, elle a classe le mercredi matin…. Au final, la mère de famille doit payer la garderie et une participation aux activités organisées par l’école. Coût mensuel supplémentaire, obligatoire et lourd sur un budget modeste : 60 euros.

Les vertus pédagogiques de la réforme ne sont pas aujourd’hui établies, particulièrement sur l’acquisition des savoirs fondamentaux. Des parents et des enseignants constatent une fatigue supplémentaire pour les plus petits. Son impact financier est lui une réalité que mesurent au quotidien collectivités et familles, sans qu’elles aient le choix.

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