En réponse aux propos fallacieux de l’opposition départementale : le découpage cantonal est un sujet d’intérêt général et départemental depuis 1871

Le vœu relatif à la prise en compte de critères objectifs pour le redécoupage des cantons, signé par tous les élus de la majorité et que j’ai soumis au vote du Conseil général lors de sa session du 17 juin, a permis à l’opposition départementale de s’exprimer publiquement pour la première fois sur cette question. Les interventions de certains conseillers généraux socialistes lors de la session ou ensuite devant les médias ne peuvent rester sans réponse de ma part tant les arguments soutenus sont fallacieux.

Ils disent en substance :

quen consacrant du temps à ce sujet, les élus se « regarderaient le nombril » (sic) et ne penseraient qu’à leur propre personne et à leur propre devenir électoral ;

-que la question du redécoupage cantonal n’est pas de la compétence du conseil général ;

-que dans la situation économique et sociale actuelle, le département devrait se consacrer à ses propres compétences.

Ces arguments se résument en une formule, entendue en substance aussi lundi : le redécoupage cantonal n’est pas une question d’intérêt général ou départemental.

De tels propos m’affligent et je ne doute pas qu’ils susciteront la même réaction chez nombre d’élus. Je ne veux donc pas les laisser sans réponse.

La réforme du mode de scrutin pour les futures élections départementales vise à établir la parité dans nos assemblées départementales et à cette fin, le Gouvernement a imaginé des cantons plus grands qui seront représentés par un binôme paritaire. Cela conduit à diviser par deux le nombre de cantons, qui passe ainsi de 49 à 25 dans le Calvados. Il y aura donc dans la future assemblée 25 hommes et 25 femmes (soit un élu de plus qu’aujourd’hui). Au regard du nombre actuel d’hommes au conseil général, cette réforme en exclura 16. Sans que l’électeur ait son mot à dire, sans que l’intéressé le souhaite ou le mérite. Juste du fait de la réforme. Et nul ne sait encore qui sera ou pas en situation de solliciter à nouveau les suffrages de ses concitoyens.

Ainsi va la loi de la République. Que nous l’approuvions ou non, qu’en tant que sénateur, je l’ai ou non votée, elle s’applique et cela est normal.

Ce n’est pas notre sort personnel qui est en jeu, c’est bien celui de la collectivité au titre de laquelle nous exerçons le mandat que le peuple nous a confié et celui du territoire pour lequel nous mettons en œuvre les compétences dévolues par la loi.

Il n’est pas anormal que chacun s’interroge sur ce qu’il adviendra dans quelques mois de son canton d’élection mais au moment où nous débattons et délibérons, nous représentons collectivement le département et tous ses habitants, au-delà de nos seules et bien modestes personnes et de notre devenir.

Et le redécoupage cantonal est bien une question d’intérêt départemental. La preuve en est que le Code général des collectivités territoriales prévoit la consultation du conseil général pour les « modifications des limites territoriales des cantons, les créations ou les suppressions de cantons et le transfert du siège de leur chef-lieu » (article L3113-2). Un redécoupage cantonal général est tout cela à la fois.

Le législateur considère donc que l’avis du conseil général importe. Et cela ne date pas d’hier puisqu’on retrouve cette disposition sous l’article 50 de la loi du 10 Août 1871 relative aux conseils généraux !

Enfin le temps que nous allons consacrer à ce sujet ou que nous lui avons donné hier n’est pas du temps distrait de celui que nous réservons à nos compétences. Je ne le mesurerai pas à la minute près mais, à la seule once de la session de lundi, il a représenté bien moins de 10% du temps global de nos travaux.

Un temps court pour un sujet qui est complètement d’intérêt général et départemental : dois-je dire et répéter qu’alors que le Département a la charge des solidarités, la qualité de la représentation de ses territoires est essentielle pour ceux-ci et pour ceux qui y vivent ?

Dans une société où les fragilités sont nombreuses, personnelles autant que collectives, où le sentiment d’exclusion et de perte de repères pour ne pas dire d’identité est élevé, l’équilibre de la représentation des territoires urbains et ruraux est une des réponses.

J’en suis profondément convaincu et me battrai pour cet objectif avec la plus grande détermination. Sans arrière pensée politique. Juste pour ce que je sais être l’intérêt général de mon Département.

FacebookTwitterGoogle+Partager