La Ligne Nouvelle Paris Normandie : bientôt l’heure de la décision

Dans quelques jours, la Commission Mobilité 21, présidée par Philippe Duron, député-maire de Caen et président de la communauté d’agglomération Caen la mer, remettra au Ministre des transports ses propositions relatives à la programmation de la réalisation des grandes infrastructures de transports inscrites dans le schéma national, le SNIT. Nous connaitrons alors officiellement le sort réservé au Projet de Ligne Nouvelle Paris-Normandie.

Dans cette attente et afin de rappeler à chacun l’enjeu crucial du projet pour Caen et son agglomération, pour le département du Calvados et pour la région Basse-Normandie, je vous propose de consulter les contributions suivantes :

Le cahier d’acteurs présenté par le Conseil général du Calvados dans le cadre du débat public organisé en 2011-2012 : Cahier d’acteurs du CG14 sur le projet LNPN

Les autres cahiers d’acteurs sur le sujet, rédigés par d’autres collectivités et par les acteurs économiques peuvent être consultés ici : L’ensemble des cahiers d’acteurs sur le projet LNPN

L’étude d’optimisation réalisée ce printemps par Réseau Ferré de FranceEtude d’optimisation du projet LNPN et dont les conclusions avaient été validées à l’unanimité lors de la conférence des exécutifs bas-normands le 13 mai dernier.

Mon intervention au cours de la session du Conseil général en février 2013 lors de la présentation de la mobilisation en faveur de la LNPN lancée à l’initiative notamment des Présidents des deux conseils économiques, sociaux et environnementaux des deux régions et que vous pouvez lire ou relire ci-dessous :

« C’est un grand plaisir pour moi que de recevoir, ce matin, lors de notre session budgétaire, M. Gérard Lissot, Président de l’association pour la promotion de la LNPN, ainsi que Jean Callewaert, Président du CESER de Basse-Normandie et notre ami Francis Saint-Ellier

Je voudrais tout d’abord les féliciter pour l’initiative qu’ils ont prise, eux et leur association, de lancer une nouvelle campagne en faveur de la LNPN, de créer un site internet, de mettre en ligne une pétition et de développer un argumentaire affuté, auquel – je le reconnais – il est difficile d’ajouter. Cette relance est la bienvenue.

Je rappellerai que ce projet de ligne nouvelle, lancé à la mi 2009, a toujours été suivi avec une attention extrême par le Conseil Général. Mon prédécesseur, Madame d’Ornano a participé à tous les comités de pilotages de la ligne, et elle et moi, avons participé à toutes les conférences des exécutifs de Basse-Normandie tenues à ce sujet, la dernière en date étant celle de lundi dernier, 4 février.

Le débat public qui s’est tenu d’octobre 2011 à février 2012 a été suivi avec attention, notamment grâce à la présence et aux interventions de notre collègue Xavier Charles. Votre assemblée a délibéré de ce dossier en juin 2010 et en juin et novembre 2011.

Mais nous sommes aujourd’hui, soyez-en persuadés, à un moment décisif. Le gouvernement a désigné au cours de l’automne une commission, dite Commission Mobilité 21, présidée par M. Philippe Duron. Elle a pour tâche de dire, parmi les nombreux projets figurant au Schéma national des Infrastructures de Transport (SNIT), lesquels seront mis en chantier.

Or si nous n’avons pas la LNPN maintenant, nous pouvons – je crois — donner rendez-vous à nos successeurs dans 20 ou 30 ans pour en reparler. Nous sommes dans un contexte où les Normands manifestent de plus en plus une attitude de rejet vis-à-vis de leur système ferroviaire. C’est à ce défi que doit répondre la LNPN.

A nouveau, je voudrais affirmer ici que la LNPN n’est pas un projet comme les autres, ni une simple infrastructure, si lourde soit-elle. Elle est au service d’une grande ambition nationale. Elle est un des deux éléments clé de Paris Seine Normandie, qui unit et transcende Paris, l’Axe Seine et TOUTE la Normandie. Le second élément clé, vous le savez, ce sont les ports (HAROPA, notamment). Le Calvados formule le vœu que la Commission Mobilité 21 en ait une claire conscience et en tire toutes les conséquences. J’ajoute que comme l’a amplement montré le débat public tenu d’octobre 2011 à février 2012, la LNPN n’a pas seulement pour objet d’améliorer la desserte des voyageurs entre Paris et la Normandie – ce qui est déjà beaucoup, mais aussi et à parité de développer le fret ferroviaire. L’ouverture d’une ligne nouvelle permettra, sur le réseau classique, de dégager les sillons nécessaires au trafic fret,

Je redis les fonctionnalités de la Ligne Nouvelle : l’amélioration significative et durable des performances des liaisons en terme de régularité, de capacité et de fiabilité entre l’Ile-de-France et la Normandie ; des relations Paris/Le Havre et Paris/Caen en 1h15, Paris/Rouen en 45 mn Paris/Cherbourg en 2h15 et Rouen/Caen en 45 minutes ; des arrivées à Paris Saint-Lazare et à la Défense, dans une nouvelle gare d’interconnexion.

Comme je l’avais indiqué dans la contribution commune du 12 janvier 2012 rédigée en commun avec la ville du Havre, le projet de LNPN doit être nécessairement global. Il convient que la LNPN fasse l’objet d’une loi, comme pour le grand Paris. Il faut que RFF mette techniquement au point – simultanément dans ses différentes parties – l’ensemble du projet et ce jusqu’au niveau de l’avant-projet détaillé ; que l’enquête publique porte sur l’ensemble du projet qui devra, d’ailleurs, faire l’objet d’une seule et même déclaration d’utilité publique ; que le projet de LNPN donne lieu à un plan de financement et un calendrier prévisionnel globaux portant sur l’ensemble de l’opération, permettant ainsi aux collectivité territoriales de considérer les enjeux pour chacun des territoires et de prendre la mesure de leur participation financière au projet.

Mais s’il est global, le projet doit aussi être flexible : il doit être constitué de modules fonctionnels qu’il appartient à RFF de définir. Si un blocage technique, contentieux ou politique se produit quelque part, on sera ainsi en capacité d’avancer ailleurs et de « progresser inexorablement ». Rien n’interdit d’ailleurs de commencer les travaux dans le secteur de Caen ou du Havre si, en fonction de ce qui vient d’être dit, cela s’avère efficace et opportun.

Je me félicite que lors de sa visite dans notre région, il y a cinq jours, M. Cuvillier, ministre des transports ait indiqué qu’il n’était pas question de mettre en sommeil les études nécessaires à la LNPN. Très bien. Mais l’on nous susurre de plus en plus à l’oreille qu’il faut être raisonnable et que le projet doit être séquencé. Qui n’en voit le risque, celui d’un renvoi aux calendes grecques pour les Bas-Normands ?

Peut-être faut-il séquencer. Mais le séquençage ne doit pas être un préalable, mais une résultante. Le préalable (et l’engagement de tous), c’est que le projet soit et demeure global.

Dans le court terme – d’ici 2017/2018, toutes les études portant sur l’ensemble du projet devront être conduites. Dans le moyen terme – 10 à 20 ans, il conviendra de définir très objectivement les travaux qui pourront d’abord être programmé, sans préjudice des principes de flexibilité et de modularité que j’ai indiqués plus haut. Dans le long terme – au-delà de 20 ans, les travaux restants devront être effectués en exécution de l’engagement global et multilatéral pris initialement : il ne faut pas qu’à l’issue de la période de moyen terme, nous ayons, pour achever notre grand projet à repartir de zéro, à nous engager dans un nouveau marathon de procédures et de négociations.

Une dernière remarque. On nous dit : « votre projet global n’est pas finançable et il faut le phaser ». J’ai l’intuition exactement contraire : si le projet n’est pas global, il ne sera pas finançable, car le tour de table financier sera tout simplement impossible.

En conclusion, le Calvados réaffirme son soutien total à la Ligne Nouvelle Paris Normandie. Il relaie et accompagne de toutes ses forces l’initiative « la-lnpn-c-maintenant » et appellent chacun à signer la pétition mise en ligne par l’Association pour la promotion de la LNPN. »

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