Un festival de contradictions….

François Hollande se contredit :

5 octobre 2012 en clôture des Etats généraux de la démocratie territoriale :

« Un débat s’est ouvert depuis plusieurs années sur l’opportunité de supprimer un niveau d’administration locale. A un moment, la commune a été mise en cause. C’était dangereux, pas tant pour les communes que pour ceux qui en avaient eu l’idée, car chacun a fini par considérer que la commune était irremplaçable ! Surtout au moment où notre pays a besoin, plus que jamais, de resserrer le tissu social, que ce soit dans l’espace rural ou dans les quartiers de nos villes.

Aujourd’hui, c’est le département qui est sur la sellette. Trop vieux, trop archaïque, trop dépassé. Je ne suis pas un défenseur d’une collectivité parmi d’autres. Chacun doit avoir la lucidité de regarder les évolutions qu’il convient d’accomplir.

Des arguments en termes d’économie sont souvent avancés pour supprimer un échelon. Il ne résiste pas à l’examen dès lors qu’il n’est pas question d’abolir les compétences que cette collectivité exerce.

A part diminuer quelques dizaines d’élus, où est l’économie ? Quant à la simplification espérée, elle aboutirait à l’éloignement le plus souvent de nos concitoyens par rapport aux décisions prises sans effet sur l’efficacité même du service rendu.

Ainsi, à mes yeux, le problème n’est pas tant le nombre d’échelons. D’ailleurs, lorsque je regarde chez nos voisins, c’est à peu près le même nombre que je retrouve sous les appellations différentes. Le problème, et regardons le franchement, c’est la répartition des compétences et c’est la gouvernance de nos territoires. C’est cela que nous devons changer. »

Janvier 2014 en conférence de presse

« Les départements gardent leur utilité pour assurer la cohésion sociale, la solidarité territoriale, et je ne suis donc pas favorable à leur suppression pure et simple, comme certains le réclament, car des territoires ruraux perdraient en qualité de vie, sans d’ailleurs générer d’économies supplémentaires. Mais on ne peut pas tenir ce raisonnement partout dans les grandes agglomérations. « Paris, d’ailleurs, est à la fois une ville et un conseil général ». « Dans la région parisienne, que signifient encore les frontières départementales ?

6 Mai 2014 pour l’anniversaire de ses 2 ans

« Si c’est 2016, ça permettrait d’avoir le temps. Je pense que ça serait intelligent de faire des élections régionales et départementales avec le nouveau découpage.

Je pense que douze régions ou onze régions, la moitié, pourraient être la bonne carte de notre territoire, et pour les départements, j’ai moi-même été président de conseil général, une réforme majeure doit être portée, il n’y a plus de temps à perdre. Je considère qu’aujourd’hui toutes ces structures ne sont plus lisibles pour les Français. Il faut à la fois de la proximité et en même temps de l’efficacité, donc j’ai demandé au gouvernement de Manuel Valls d’accélérer la réforme territoriale »,

Manuel Valls se contredit :

En janvier 2013 au Sénat lors du débat sur le PJL de réforme des modes de scrutin

« Le département est un échelon de proximité essentiel, un échelon républicain par excellence. A ce titre, il conserve toute sa pertinence »

Déclaration de politique générale 8 avril Assemblée nationale

« Notre indépendance financière, mesdames et messieurs les députés, suppose également des réformes de structure, nous le savons tous. La France est prête à de telles réformes, en particulier celle du «millefeuille territorial». Je propose quatre changements majeurs susceptibles de dépasser les clivages partisans…….Enfin, mon dernier objectif consiste à engager le débat sur l’avenir des conseils départementaux. Je sais qu’un tel débat prendra du temps, mais je vous propose leur suppression à l’horizon 2021.Je mesure l’ampleur d’un tel changement. Il nous faudra en particulier répondre au sentiment d’abandon et au besoin de protection de nombreux départements et territoires ruraux. Ce changement donnera lieu à un profond débat dans le pays qui associera les élus et les citoyens. Je sais que je peux compter sur la compétence et l’énergie qui caractérisent tous les bancs de cette assemblée car, à propos des régions, de l’intercommunalité, de la clause de compétence générale et des départements, beaucoup de propositions ont déjà été formulées. Il faut certes en parler, mais il est temps d’agir! »

Reprise de sa déclaration le 9 avril au Sénat

« Le quatrième enjeu, c’est celui de l’avenir des conseils départementaux. La question est sérieuse ; elle doit être traitée sérieusement. Je sais l’importance du rôle joué par les conseils départementaux. J’ai conscience, aussi, des difficultés qu’ils éprouvent, parfois, à assumer la plénitude de leurs responsabilités.

Ce débat est légitime, car nos institutions doivent savoir s’adapter à la diversité des besoins, à la diversité des territoires et des populations. C’est ce que le rapport Krattinger-Raffarin nomme « la reconnaissance de la différenciation ». Dans les zones les plus urbanisées, un certain nombre de compétences de proximité doivent pouvoir être directement exercées par les intercommunalités.

Je ne pense pas que nous puissions rester dans le statu quo. J’ai posé la question de l’avenir des conseils départementaux parce que je pense qu’à terme il faut aller vers plus de simplicité, vers l’attribution de leurs compétences à d’autres collectivités. Et donc je pense à leur suppression. Cela passe par un long débat, par des délais juridiques nécessaires. Rien ne se fera dans la précipitation. Il faut prendre le temps nécessaire. Mais cette idée qui traverse plusieurs grandes formations politiques doit devenir une réalité. »

FacebookTwitterGoogle+Partager